2014 : Cambodge - Laos - Vietnam - Ouest Américain
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24 juillet 2014

Badlands d’Ah Shi Sle Pah et ruines de la Casa del Eco

Mercredi 23 juillet :

La nuit a été agitée : beaucoup de vent et des orages tout autour de nous. Heureusement ces derniers nous ont épargnés, nous et notre tente.

Ce matin nous nous levons juste avant le soleil (5h30) pour pouvoir profiter de ses premiers rayons au cœur des badlands d’Ah Shi Sle Pah. C'est la dernière randonnée de notre série « badlands ». Nous trouvons ces paysages toujours aussi captivants et fascinants dans la lumière du petit matin. Nous ne nous en lassons pas.







Nous y rencontrons toujours de nombreux hoodoos de toutes formes, tailles et couleurs.







Ici la spécialité ce serait plutôt le hoodoo jaune et blanc …



… et ils sont encore plus jolis lorsque l’on rajoute un peu d’ombre au tableau.




Nous nous sommes souvent demandés, au cours de nos balades dans les badlands, d'où venaient tous ces hoodoos. Maintenant nous avons la réponse, mais c'est un secret, il faut nous promettre de ne le dire à personne. Promis ?

Au cours de nos explorations de ce matin nous avons découvert la nurserie des hoodoos. C'est là que sont élevés tous les petits hoodoos. Ils ne sont pas mignons ?





Et quand ils sont plus grands, à l'adolescence, ils se réunissent tous un peu plus loin. Bientôt ils pourront voler de leurs propres ailes et aller coloniser de nouveaux badlands.



Aujourd'hui encore nous n'avons rencontré personne pendant que nous nous baladions. C'est donc le cas pour les quatre randonnées que nous venons de faire dans les badlands. Une quinzaine d'heures de randonnée d'affilée sans croiser âme qui vive, il est temps de rejoindre un endroit plus touristique sinon nous risquons de prendre goût à cette solitude extrême. Et si nous allions dans les environs de Monument Valley ? Là-bas nous sommes certains d'y trouver du monde.

C'est parti pour environ 300 kilomètres de route. Avant de quitter le Nouveau Mexique nous faisons le plein car l'essence est encore moins chère ici (chaque état détermine de façon autonome ses propres taxes). 0,67 € par litre d'essence sans plomb, cela laisse rêveur !

Nous entrons maintenant dans l'immense territoire Navajo, un désert aride. Comme chaque fois que nous traversons une réserve indienne nous constatons la pauvreté qui y règne : obésité encore plus courante qu'ailleurs (c'est dire !), maisons délabrées, voitures d'un autre âge, ... Pour beaucoup la vie d'indien n'a plus rien d'un rêve.

Juste avant d'arriver à Bluff où nous avons prévu de passer la nuit, nous faisons un détour pour aller visiter les ruines de la Casa del Eco. Ces ruines indiennes, perchées en hauteur dans une alcôve rocheuse sont impressionnantes car en épousant la falaise, elles ont pris une forme circulaire quasi-parfaite.






distance randonnée(s) de la journée = 7,5 km   /   distance randonnées cumulée = 237,5 km

23 juillet 2014

King of Wings et Ah Shi Sle Pah

Mardi 22 juillet :

Ce matin c'est ravitaillement à Farmington car ce soir nous campons à nouveau dans les immensités du désert du Nouveau Mexique (camping sauvage bien sûr !). L'objectif est le même que la dernière fois : profiter de la lumière de début et de fin de journée et éviter de randonner sous le soleil brûlant de la mi-journée. Pour cela il faut dormir au plus près des lieux à visiter, donc rien de mieux que le camping sauvage (autorisé ici car nous sommes sur des terres qui appartiennent au gouvernement).

Nous prenons la route 371 pour nous rendre à notre première destination. Cette route nous « rapproche » un peu de notre périple en Asie d'une façon assez paradoxale car elle est rebaptisée « Vietnam Veterans Memorial Highway » en hommage aux vétérans de la guerre du Vietnam.

Grandes lignes droites à perte de vue et paysages monotones (nous sommes sur un plateau complètement plat et avec une végétation de type herbe rase grillée par le soleil), c'est l'idéal pour s'endormir. Heureusement la limitation de vitesse est correcte : 65 mi/h soit 105 km/h. Nous pouvons donc rouler à bonne allure. Le principal risque est d'écraser un des nombreux chiens de prairie qui traversent la route de façon inconsidérée. On dirait qu'ils attendent une voiture pour traverser juste devant. Une attitude suicidaire incompréhensible. Heureusement pour eux, pour le moment nous avons réussi à tous les éviter, mais parfois il faut donner de sacrés coups de volant ou de freins !

Notre destination de cet après-midi est pour le moins méconnue. Nous n'aurions pas pu y aller il y a seulement une année. Elle n'était connue que de quelques très rares initiés qui gardaient le secret sur sa localisation précise. Sur internet on trouvait quelques photos, on savait à peu près dans quelle zone géographique il fallait chercher, mais rien, absolument rien quand à un début d'indice pour essayer de cerner une localisation plus précise.

Jusqu'à ce que quelques allemands passionnés par l'ouest américain se mettent en tête de trouver l'endroit. Il leur aura fallu du temps et de l'énergie : études intenses des photos satellites de la région (merci GoolgleEarth !) et nombreuses randonnées infructueuses pour parvenir à découvrir leur Graal. Comme ces allemands sont partageurs, aujourd'hui internet permet de trouver la clé de l'énigme : les coordonnées GPS de l'oiseau rare et la façon d'y arriver.

Une vingtaine de kilomètres de pistes, faciles au départ et plus sommaires par la suite ...


... nous amène au point de départ de notre randonnée. Nous ne croisons personne sur ces pistes à part quelques vaches qui ont l'air très étonnées de nous voir ici ...



... et des chiens de prairie qui montent la garde.


Aucune trace de pneus sur la dernière partie de la piste, cela signifie que personne n'est venu ici depuis les dernières grosses pluies. La zone est très loin d'être devenue touristique.

Si jusqu'à maintenant nous avons souvent été dans des endroits isolés, jamais la formule « au milieu de nulle part » n'a eu autant de sens. Nous avons l'impression d'être seuls au monde, sur un plateau désertique à plus de 1 900 mètres d'altitude.


Seule touche de couleur dans cette immensité désertique, la fleur d’un cactus. Nous n’en verrons qu’une seule.


Après un bon petit pique-nique nous nous offrons un peu de repos en attendant 15h, l'heure à laquelle le soleil commence tout juste à être un peu moins agressif.

C'est parti pour une randonnée hors des sentiers balisés d'un peu plus de 5 kilomètres aller-retour. Nous nous dirigeons uniquement avec les coordonnées GPS récupérées sur internet (espérons qu'elles soient exactes). Le début est facile, nous progressons sur le plateau, mais la suite est un peu plus compliquée : il faut franchir une zone de badlands plus mouvementée topographiquement parlant. La randonnée devient intéressante. Nous sommes à nouveau dans des paysages incroyables.




Dans les badlands la progression n'est pas aussi rapide : fini le plat, nous retrouvons l'alternance de montées et de descentes.



Nous faisons quelques écarts par rapport à notre route théorique pour explorer quelques petites zones de hoodoos.






Nous continuons notre progression jusqu'à rejoindre King of Wings, le Roi de Ailes. Si nous avons déjà rencontré quelques « ailes » minérales avant-hier à Bisti Badlands, elles étaient sans comparaison possible avec celle-là. King of Wings mérite bien son titre royal car elle est immense (6 à 7 mètres d'envergure dont 4 à 5 mètres de porte à faux) et défie toutes les lois de la gravité.








Nous ne retournons pas trop tard jusqu'à notre voiture car ce soir nous avons prévu de camper au départ de la randonnée que nous avons programmée pour demain matin. Et si les éléments sont de la partie, nous aimerions bien assister au coucher de soleil là-bas.

Après une trentaine de kilomètres de bonnes pistes nous arrivons à Ah Shi Sle Pah, une nouvelle zone de badlands. La tente est rapidement montée (moins de 5 minutes) : nous sommes devenus de vrais pros !


Beaucoup de nuages commencent à s'amonceler dans les environs. Avec le soleil qui persiste à faire valoir ses droits pour rester présent malgré tous ces nuages, cela pourrait bien être un cocktail parfait pour un coucher de soleil réussi. Nous décidons donc de descendre au cœur des badlands pour rechercher un hoodoo qui pourrait servir de premier plan si le coucher du soleil venait à tenir ses promesses. Ceux-là semblent parfaits, ...


... il ne reste plus qu'à attendre.

Bingo ! Ce soir nous avons droit à un superbe coucher de soleil, extraordinaire de couleurs grâce aux nombreux nuages. Un coucher de soleil comme on n'en voit que très rarement.











distance randonnée(s) de la journée = 9 km   /   distance randonnées cumulée = 230 km