2014 : Cambodge - Laos - Vietnam - Ouest Américain
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19 février 2014

De Muang Ngoi à Nong Khiaw par la rivière Nam Ou - Les grottes de Tham Pha Thok

Mardi 18 Février 

Ce matin nous quittons Muang Ngoi pour nous rendre à Nong Khiaw à environ 1h de bateau. Notre projet initial était de rejoindre Luang Prabang par bateau (une journée complète de navigation), mais la construction de plusieurs barrages sur la rivière Nam Ou a interrompu cette liaison depuis fin 2013.





Plutôt que de reprendre directement un bus pour Luang Prabang, nous décidons de passer la nuit à Nong Khiaw. Nous logerons dans une guesthouse conseillée par des français que nous avons rencontrés hier. Du balcon nous avons une jolie vue sur la rivière et la petite ville.


Le pont qui traverse la Nam Ou nous offre aussi un joli panorama.



L’après-midi, nous partons en vélo pour visiter les grottes de Tham Pha Thok. Si les reliefs karstiques de la région forment un paysage agréable, ils compliquent sérieusement la vie des cyclistes ; pas un seul moment de plat, nous ne rencontrons que côtes et descentes.


Les grottes de Tham Pha Thok, creusées dans une abrupte falaise calcaire, servirent de refuge aux villageois et à de nombreux dirigeants du Pathet Lao (bras armé du parti communiste) de la province de Luang Prabang durant la guerre du Vietnam.

En effet, pour lutter contre la guérilla communiste au nord Laos et les infiltrations nord-vietnamiennes par la piste Ho Chi Minh, les américains ont bombardé intensément le nord et l’est du Laos. Dans ces régions, écrasées sous le tapis des bombes larguées par les B52, la plupart des villages furent entièrement rasés. La seule solution pour survivre était de s’abriter dans les nombreuses grottes.

La première grotte que nous visitons, située à 30 mètres de hauteur, est la plus vaste. Elle est composée d’un ensemble de salles qui pénètre profondément dans le massif. C’est là que s’abritait la population des environs.



La seconde est une toute petite grotte accessible par un long siphon étroit et sinueux. De 1968 à 1974, c’est là qu’était installée la principale banque de la région !





Sur les photos, vous noterez la présence de nos deux fidèles guides (les enfants de la femme qui tient la billetterie à l’entrée du site). Ils nous accompagneront durant toute la durée de notre visite.

Nous passons la fin de notre journée sur les rives de la rivière Nam Ou que nous quitterons définitivement demain matin.



18 février 2014

Deuxième jour à Muang Ngoi

Lundi 17 Février 

Ce matin le ciel est très couvert, presque orageux. Nous aurons même droit à la pluie (la première fois de notre séjour) pendant près d’une heure. Le temps sera couvert toute la journée avec parfois des éclaircies qui dureront plus au moins longtemps.

Aujourd’hui nous avons prévu une journée tranquille de détente dans ce coin paradisiaque et si tranquille : tour dans la ville et petite balade le long de la rivière Nam Ou.

Sur les rives de la rivière nous découvrons des extractions de sable, toutes manuelles. Chaque fois, la répartition du travail est la même : les femmes font les tâches pénibles et les hommes conduisent les petits tracteurs qui évacuent les sacs de sable.





Un peu plus loin, nous tombons sur le coin « balnéo » des buffles. Ces grosses bêtes semblent placides, mais quand elles estiment que cela fait suffisamment longtemps que vous les regardez prendre leur bain, elles savent vous le faire comprendre. Et si vous n’êtes pas assez rapide à déguerpir, elles n’hésitent pas à vous suivre jusqu’à ce que vous ayez bien compris que vous n’êtes plus le bienvenu.



Dans cette vallée isolée du reste du monde, la rivière Nam Ou reste bien la seule voie de communication.



Vous êtes nombreux à nous avoir demandé si nous avons rencontré des bêtes dangereuses. En dehors de l’animal le plus dangereux de la planète, celui qui fait le plus de victimes, j’ai nommé le moustique, jusqu’à aujourd’hui nous n’avons rien vu d’inquiétant.

Pourtant, au retour de notre balade le long de la Nam Ou, dans la petite ville de Muang Ngoi, notre regard est attiré par une sorte de corde noire qui pend d’un arbre à côté d’une maison. En se rapprochant un peu, nous ne sommes que plus intrigués. Rapidement le propriétaire de la maison vient nous voir et nous explique qu’il s’agit d’un cobra qu’il vient de tuer dans son jardin. Le serpent, qu’il vient de décapiter après l’avoir blessé avec un lance-pierres, mesure près de 2m50. Il est bien évidemment mortel et c’est son fidèle chien « Poppy » qui l’a débusqué, à quelques mètres de sa maison. Maintenant qu’il est inoffensif, il fait la fierté du maître de « Poppy ». Il finira dans une casserole, le serpent étant une viande de choix pour les laotiens.


Les nuages présents en nombre aujourd’hui nous permettent d’assister à un joli coucher du soleil derrière les massifs karstiques.


C’est notre dernière soirée à Muang Ngoi. Cette étape était celle qui nous « inquiétait » le plus sur notre séjour au Laos point de vue hébergement et nourriture. Au contraire, tout s’est avéré parfait : nous avons trouvé une guesthouse charmante avec vue sur la rivière et propre à un prix très convenable pour le pays (7€ la nuit) et c’est peut être ici que nous avons le mieux mangé depuis que nous sommes au Laos. Le bout du monde a vraiment tout pour plaire …

                   

Le village de Muang Ngoi, un petit paradis au bout du monde où la vie s'écoule tranquillement

Dimanche 16 Février 

Comme tous les jours où nous avons été près d’une rivière depuis que nous sommes arrivés au Laos, ce matin le village du Muang Ngoi est sous la brume et il fait frais. Ce n’est que vers 10h que les premiers rayons de soleil font leur apparition. En quelques minutes nous passons d’un ciel entièrement couvert à un soleil éclatant. La température évolue à une vitesse grand V. Nous quittons rapidement les polaires et très vite, nous commençons à avoir trop chaud. C’est depuis la terrasse où nous prenons notre petit-déjeuner que nous assistons au retour du soleil sur la rivière Nam Ou.






Entouré de majestueuses montagnes et falaises karstiques, Muang Ngoi n’est relié par aucune route ou piste au reste du Laos. L’unique possibilité de rejoindre ce village est le bateau. Ici, le téléphone ne passe pas et aucune guesthouse ne propose le wifi. Ces particularités font de Muang Ngoi un curieux mélange de bout du monde et de haut lieu de la villégiature routarde (chaque jour les bateaux débarquent quelques dizaines de voyageurs qui restent ici quelques heures ou quelques jours).

Depuis que nous sommes dans le nord du Laos, le « touriste type » a bien changé. Fini les tours organisés et les voyageurs pressés, ici c’est le royaume des voyageurs au long cours (congés sabbatiques, retraités, jeunes qui voyagent avant de commencer leurs vies professionnelles, quinquagénaires qui ont tout abandonné et paumés de toutes sortes). Beaucoup de ces voyageurs sont en solo (nous rencontrons beaucoup de jeunes femmes seules) et se regroupent pour quelques jours ou pour quelques semaines au gré des différentes rencontres.

Avec nos 5 mois en Asie, nous faisons presque figure de « petits joueurs ». A Muang Sing nous avons rencontré deux jeunes femmes belges qui étaient parties depuis 6 mois pour un voyage de 18 mois en Asie (de la Russie à l’Indonésie). Avant de partir elles envisageaient un voyage d’une durée de trois ans, mais elles économisaient déjà depuis deux ans et en avaient marre. Elles sont donc parties avant d’avoir réuni le budget nécessaire à leur périple de trois ans.

L’une des deux étant institutrice, une partie de leur site est rédigé pour que les enfants de son école les suivent : cf. « Le tour d'Asie des p'tits Loups ».

Pour en revenir à Muang Ngoi, étonnamment, son unique rue en terre battue nous a un petit peu rappelé l’ambiance que nous rencontrons dans les toutes petites villes perdues de l’ouest américain, même si tout y est différent (les 2 photos avec soleil sont prises en milieu de matinée et les 2 photos dans l’ombre en fin de journée).





Au programme d’aujourd’hui, une randonnée jusqu’au petit village de Ban Na. La randonnée se fait en empruntant la piste qui relie les deux villages.






Elle est longue, longue, longue … et en plein soleil, sans jamais d’ombre. La chaleur et les grimpettes ont vite raison de notre enthousiasme matinal et c’est épuisés et assoiffés (nous ne pensions pas que le village était si loin et nous sommes juste partis avec une petite bouteille d’eau) que nous arrivons au village. Heureusement, sur place, nous trouverons de l’eau dans une minuscule « épicerie ». Même si elle a un goût de plastique prononcé (les bouteilles ont sans doute passé quelques mois, voire quelques années, à attendre des clients), pour nous c’est un délice !

Le village de Ban Na est un village qui compte une trentaine de familles. Toutes les maisons sont construites en bambous et autres matériaux naturels (en dehors de la tôle ondulée utilisée pour certains toits). C’est sans doute le village le plus typique que nous ayons vu depuis le début de notre voyage.










L’école du village est totalement vide. Normal nous sommes dimanche.




Du village, nous trouvons un sentier qui part à travers les rizières et qui semble aller dans le bon sens pour le retour. Il est possible que ce soit un raccourci qui nous permette d’éviter la partie la plus escarpée de la piste que nous avons pris à l’aller. Nous suivons ce sentier à travers une grande étendue de rizières totalement sèches. Le seul point d’eau qui subsiste dans ces rizières est annexé par les buffles.



Nous continuons sur ce sentier, qui après avoir traversé une grande étendue de rizières nous ramène sur le sentier que nous avons suivi ce matin. Il nous a fait gagner une bonne heure et surtout nous avons évité la plupart des zones en montée. Comme quoi, des fois, il faut savoir suivre son instinct !