2014 : Cambodge - Laos - Vietnam - Ouest Américain
Affichage des articles dont le libellé est Laos - Muang Sing et environs. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Laos - Muang Sing et environs. Afficher tous les articles

9 février 2014

Départ de Muang Sing

Dimanche 9 Février 

Nous quittons Muang Sing pour Luang Namtha où nous arrivons en début d’après-midi. Il est dimanche, il fait une chaleur torride et la ville semble complètement morte. Ce sera donc une après-midi repos. Nous en profitons pour aller voir quelques agences de voyage et réserver un trek en forêt pour la journée de mardi.

N’ayant pas grand-chose à vous dire sur notre journée d’aujourd’hui, nous allons vous parler des portes Akhas que nous avons vues lors de nos visites à Muang Sing. Les Akhas sont des animistes ; ils ne croient pas en un ou des dieux, mais en une force animant les êtres humains, les animaux, les objets et les éléments naturels. Dans cette croyance, les esprits (bons et mauvais) sont omniprésents. Aux entrées de leur village, on trouve des portes qui ont plusieurs fonctions. La perche en bambou présente en amont de la porte (photo 1) est un signe de bienvenue. La porte en elle-même a pour fonction d’empêcher les mauvais esprits d’entrer dans le village. Si la force dissuasive de cette porte ne suffit pas à éloigner les mauvais esprits, les armes présentes sur la porte (photo 3) sont là pour les repousser. Aux armes blanches présentes depuis des générations sur les portes Akhas, se rajoutent aujourd’hui des armes plus modernes : fusils et mitraillettes.

Les Akhas doivent passer par l’une de ces portes chaque fois qu’ils pénètrent dans le village, de façon à être décontaminés des forces spirituelles négatives. Les portes sont sacrées et ne doivent pas être souillées ni par un villageois ni par un étranger. Celui qui va à l’encontre de cette coutume doit payer une amende imposée par les anciens, car des offrandes spécifiques sont nécessaires pour purifier la porte.




Autre croyance Akha : si des animaux sauvages tels que des tigres ou des ours pénètrent dans un village, ce dernier doit être abandonné car ces animaux sont le siège d’esprits mauvais. Cette croyance est toujours d’actualité.

8 février 2014

Dernier jour à Muang Sing

Samedi 8 Février 

Pour notre dernière journée à Muang Sing, et comme nous en avons pris l’habitude, nous commençons notre journée au marché, toujours aussi coloré.





C’est parti pour un tour en vélo à travers la campagne des environs de Muang Sing. Nous passons à côté de rizières en eau et en culture. Ce sont les premières que nous rencontrons dans cette région. C’est rare d’en voir à cette époque de l’année, saison sèche oblige.







En traversant le village de Xiengmoon nous tombons sur des enfants en train de disputer quelques parties de pétanque. Même les moines novices sont présents. Un petit terrain est construit en bordure de la route et vous noterez qu’il y a même le tableau d’affichage du score. La petang (laosisation du terme français), héritage de la présence française, conserve une forte popularité au Laos. Le guide qui nous a conduit sur notre trek hier nous a d’ailleurs expliqué qu’il en était un joueur acharné et il nous a dit que certains termes français étaient toujours utilisés (cochonnet par exemple).




Hier notre guide nous avait dit que le week-end il y avait des combats de coqs dans la périphérie de Muang Sing. Malgré nos réticences, il nous a convaincu en nous expliquant que ce ne sont pas des combats à mort et qu’il y avait rarement des blessés sérieux. Nous avons hésité, mais nous partons quand même voir. Avec les explications de notre guide et les hurlements que nous entendons, le lieu est facile à trouver. A peine arrivés, le propriétaire d’un des coqs de combat, qui parle un anglais quasi parfait (bien meilleur que le nôtre en tout cas !), nous aborde. Il nous présente son coq qui doit combattre dans un moment et nous explique les règles.

Cela ressemble un peu à la boxe. Il y a une aire de combat circulaire équipée d’une pendule puisque le combat est composé de plusieurs rounds. Un arbitre est là pour veiller au respect des règles et séparer les adversaires si le combat devient trop violent ainsi qu’à la fin des rounds. Des points sont attribués aux combattants et servent à définir le vainqueur s’il n’y a pas abandon d’un des coqs ou d’un des maîtres. Afin de ne pas se causer de blessures trop importantes, les coqs ont les ergots bandés de sparadrap.

Les combats donnent bien évidemment lieu à de nombreux paris. Nous restons sur place jusqu’au combat du coq de notre nouvel ami (à gauche dans l’arène sur la première photo, juste avant le début du combat). Son coq, un joli coq roux gagne assez facilement son combat. Effectivement, durant l’heure que nous passons sur place, il n’y aura pas de blessés.



7 février 2014

Trek dans les environs de Muang Sing

Vendredi 7 Février 

Nous partons pour un trek d’environ cinq heures (12 km) dans la région comprise entre Muang Sing et la frontière chinoise. Les chemins que nous suivons nous conduisent au travers de nombreuses zones cultivées (hévéa, teck, cannes à sucre, bananiers, pastèques et thé). Etonnamment à nos yeux, les rizières ne sont pas en train de produire du riz (nous sommes en saison sèche) mais des pastèques !





Notre guide d’une quarantaine d’années est très sympa et très volubile. Il nous explique tout ce que nous voyons. C’est une excellente façon de comprendre un peu mieux comment vivent les laotiens et découvrir les différentes traditions des ethnies dont nous traversons les villages. Avec lui nous découvrirons un village Taï Lue, trois villages Akha et trois villages Yao. Le métier de guide ne suffit pas à faire vivre sa famille (il a 6 enfants). De son autre métier il est fermier. Il possède une ferme où il élève quelques animaux et produit du riz et des bananes.

Pendant ce trek, nous avons particulièrement apprécié le village Yao de Sailek composé de seulement onze familles. Notre guide connait tout le monde. On s’assoit avec eux, on les regarde travailler (femmes et hommes font de la couture et de la broderie pour fabriquer des objets et vêtements traditionnels à destination des touristes), on essaie de discuter un peu, … Notre guide chante, on partage de vrais moments de complicité.





Avec les enfants aussi nous partageons de beaux moments de complicité.



A midi nous mangeons dans ce charmant village, dans une authentique maison Yao (première photo). Sur les photos on voit notre guide avec qui nous partageons ce repas. Repas froid qu’il a apporté et qui est excellent : poulet mariné + mélange de légumes + riz gluant, le tout accompagné d’une sauce légèrement épicée, et des bananes pour dessert … un régal.

La troisième photo est faite pas un Yao qui n’avait jamais vu un appareil photo avant aujourd’hui (et avec mon réflex !). Pas mal pour un débutant !




Nous finissons notre trek au village Akha de Namdaet Mai. C’est le village que nous avions visité il y a deux jours et où tous les enfants nous réclamaient soit de l’argent, soit des stylos, soit des bonbons. Aujourd’hui, avec le guide, l’accueil est totalement différent. Il connait personnellement les familles que nous rencontrons et nous passerons même un moment avec l’une d’entre elles, sur la « terrasse » de leur maison. Nous avons, pour un instant, l’impression de faire partie du village et nous parvenons à échanger, avec quelques mots et beaucoup de signes, avec les villageois. Un moment presque magique. Nous repartons avec une toute autre vision de ce village.

Sur la dernière photo on voit une sorte de balançoire utilisée lors de cérémonie à des dates bien précises. Selon notre guide, son rôle est à la fois ludique et cérémoniel. Il est strictement interdit aux non Akha de la toucher.










Retour à Muang Sing dans l’après-midi. Nous partons faire un petit tour dans la ville. Vous n’avez pas de soucis à avoir, en cas de problème la ville comprend plusieurs cliniques en plein air qui semblent bien équipées !




retour sur le billet du 5 février « Muang Sing et ses alentours » :

Sur la dernière photo, ce que l’on voit ce sont des herbes bien particulières qui sont récoltées dans la jungle et mises à sécher sur les rizières qui ne sont pas en culture à cette époque de l’année. Une fois séchées, avec ces herbes seront fabriqués des balais qui seront exportés en Chine. Ce qui est impressionnant, c’est que plusieurs hectares sont entièrement recouverts de ces herbes. Je vous laisse imaginer le nombre de balais qui partent pour la Chine !

6 février 2014

Marché de Muang Sing et villages des minorités ethniques

Jeudi 6 Février 

Ce matin nous repartons voir le marché de Muang Sing, mais plus tôt qu’hier puisque quand nous sommes arrivés vers 9h, beaucoup de vendeuses étaient déjà parties. A 7h30, quand nous arrivons, le marché bas son plein, même si certaines vendeuses sont déjà sur le départ. Le marché est un des plus grands et des plus animés que nous ayons vu jusqu’à aujourd’hui. La plupart des vendeuses sont des femmes âgées venant des villages des minorités ethniques qui entourent Muang Sing. Leurs vêtements, mais surtout leurs coiffes, rehaussent encore les couleurs du marché dans le soleil levant.













A Muang Sing, comme dans la plupart des villages et des petites villes, il n’y a pas de magasin vendant des produits frais. Le seul endroit où il est possible de trouver légumes, fruits, viandes et poissons est donc le marché quotidien. Tout le monde se retrouve donc ici le matin. Même les élégantes sont de sortie.



C’est reparti pour une balade à vélo pour découvrir les villages des minorités. Contrairement à hier, nous ne suivons pas les conseils du loueur et nous allons un peu au hasard en s’aidant de notre carte. Aujourd’hui c’est le feeling qui nous guide. Nous traversons deux villages Thaï Lue et arrivons à la destination que nous nous sommes fixés pour ce matin : le village Hmong de Don Mai. L’accueil y est meilleur que ce que nous avons rencontré hier. Les habitants répondent à nos saluts et personne ne nous demande rien. On passerait presque inaperçu, sauf auprès des gamins qui sont ravis de voir ces deux étrangers leurs rendre visite.







Retour à la guesthouse pour les heures les plus chaudes de la journée et à 15h nous repartons nous promener, toujours à vélo. Nous nous rendons dans 2 villages Akha : Phabadnoy et Pongsiew. Alors là, l’accueil est extra : tout le monde nous dit bonjour : « babaé » en dialecte Akha.





Les enfants, après quelques minutes d’observation, se jettent sur nous. Ils nous suivent partout. Et jamais la moindre demande. Ici « photo money » n’existe pas. An contraire, ils sont enchantés de pouvoir se voir sur l’écran de l’appareil photo, même si pour certains, il semble y avoir une certaine crainte de cet étrange appareil.



Nous repartons enchantés de ces deux villages. Ce matin nous avions prolongé d’une nuit notre séjour à Muang Sing, sans doute rajouterons nous encore une nuit.