Cambodge - Laos - Vietnam - Ouest Américain



31 juillet 2014

Slot canyon Wire pass et pétroglyphes Maze panel

Mercredi 30 juillet :

Nous quittons Cameron pour nous rendre à Page une ville située tout au nord de l'Arizona, à seulement quelques kilomètres de l'Utah. Nous avons 130 kilomètres à faire, mais impossible de prendre la route directe, elle est coupée depuis le 20 février 2013 par un énorme glissement de terrain. La DDE locale ne sait toujours pas quand elle sera en mesure de remettre en service la route ! Ils auraient bien besoin d'une entreprise performante de travaux publics pour leur donner un coup de main.

Lorsque nous arrivons à Page notre première préoccupation est de trouver un hôtel. Tous ceux que nous avons consultés hier soir par internet affichaient complet. Le premier où nous nous arrêtons est un de ceux-là, mais bon, on ne sait jamais. Et nous avons bien fait de venir voir car il y a de la disponibilité. Ne cherchons pas à comprendre, tant mieux !

Tout comme Moab, Page est une des villes préférées des amoureux de l'ouest américain sauvage. Il y a énormément à faire dans ses environs et pour le côté pratique, Page dispose de tous les services dont peut avoir besoin un voyageur. C'est la quatrième fois que nous venons ici et nous sommes loin d'être au bout de notre liste des choses à voir et à faire dans la région.

Au programme de cet après-midi : Wire pass et Buckskin gulch, deux « slot canyons » (canyon à fente) ou « narrows » (étroits). Les slot canyons sont une des spécificités de cette région. Comme leur nom l'indique ils sont très peu larges, parfois à peine une vingtaine de centimètres, et profonds, parfois très profonds (souvent plusieurs dizaines de mètres). De par leur géométrie ils sont très dangereux en cas de « flash flood » (inondation soudaine), des crues violentes qui ne sont pas rares dans cette région en été. Il arrive, en cas d'orage violent, que certains de ces slot canyons soit littéralement balayés par une vague de plusieurs mètres de hauteur lorsque les eaux provenant du plateau supérieur s'engouffrent dans le goulot d'étranglement que forme ce minuscule passage. Pour les canyons les plus étroits, même un débit relativement faible peut avoir des conséquences impressionnantes. On rencontre d'ailleurs dans ces slot canyons des troncs d'arbres ou même parfois des pierres perchés à plusieurs mètres de hauteur. Ce sont les témoins de la violence que peuvent engendrer les orages.

Avant de démarrer notre randonnée nous passons donc au visitor center pour avoir des informations précises sur les risques d'orage. Le ranger est formel : pas d'orages cet après-midi. Par contre, il y a eu de la pluie hier et nous risquons de rencontrer de l'eau et de la boue dans les canyons. Puisque nous avons la bénédiction du ranger, nous pouvons partir sans crainte. Pour la boue, nous verrons bien.

Le début de la randonnée de Wire pass est commun avec la randonnée qui mène à The Wave où nous avons eu la chance d'aller il y a quelques semaines (seulement 20 personnes par jour peuvent s'y rendre). Nous suivons un cours d'eau asséché sur près de deux kilomètres ...




... puis nous atteignons les deux sections étroites du Wire pass.












Ici pas de problème pour se déplacer, la largeur n'est jamais inférieure à 50 centimètres. Il y a quelques passages un petit peu plus compliqués, mais rien de méchant.



Après avoir traversé les premiers narrows nous arrivons à la confluence entre Wire pass et Buckskin gulch.

  
Nous ne sommes pas les premiers à venir ici. Les indiens fréquentaient déjà les lieux il y a quelques centaines d'années. On y trouve quelques petits pétroglyphes, principalement des animaux.


A la confluence des deux canyons nous rencontrons un asiatique qui est sur le chemin du retour. Il est couvert de boue des pieds jusqu'au-dessus de la taille. Il nous explique qu'il revient de Buckskin gulch et qu'il y a des passages avec plus d'un mètre d'eau (un petit regret : ne pas l'avoir pris en photo !).

Nous continuons notre progression et effectivement, très vite nous rencontrons des zones humides.


Il est clair que nous ne pourrons pas aller beaucoup plus loin. Inutile de se salir pour n'avancer que de quelques dizaines de mètres. Notre randonnée dans les slot canyons s'arrête donc ici.

De retour à la voiture nous faisons encore un peu de route pour rejoindre le départ d'une petite randonnée en hors-piste pour aller voir un panneau de pétroglyphes méconnu. Il est baptisé Maze panel en raison de l'inhabituel labyrinthe que l'on y trouve. Autre particularité de ces pétroglyphes : la représentation d'une personne avec des boucles d'oreilles. C'est une première pour nous.








Lorsque nous reprenons la piste pour rentrer sur Page, un véritable déluge s'abat sur nous.


Pas d'orages cet après-midi qu'il avait dit le ranger ! La prochaine fois nous nous baserons sur nos prédictions à nous : pas de nuages ou quelques nuages blancs = on y va, beaucoup de nuages blancs ou quelques nuages gris = on n'y va pas.

distance randonnée(s) de la journée = 9 km   /   distance randonnées cumulée = 289 km

30 juillet 2014

Blue canyon et environs de Cameron

Mardi 29 juillet :

Contrairement à d'habitude notre hôtel à Tuba City est bruyant. Nous sommes réveillés de bonne heure : à peine 6h30. Un peu dur car hier soir nous nous sommes couchés tard pour mettre en ligne notre billet du jour sur le blog (l'internet de l’hôtel avait le plus faible débit jamais rencontré).

Un petit coup d'œil à la fenêtre, et là, surprise, miracle : le ciel est tout bleu, pas un seul nuage. Cela fait plus d'une semaine que nous n'avons pas eu un aussi beau temps au réveil. Il faut en profiter. La décision est vite prise : nous retournons à Blue canyon ! Pas de temps à perdre, le temps change tellement vite ici, nous partons sans prendre le temps d'aller au petit-déj.

Après une grosse heure de route nous arrivons vers 8h30. Le changement par rapport à hier est énorme. Blue canyon sous le soleil, ça a vraiment de la gueule !

Nous commençons par explorer la zone sud, où nous étions hier soir. Pour nous c'est la plus belle partie de Blue canyon. C'est là que l'on trouve les formations les plus belles et les plus imposantes.










Notre formation préférée ! A chacune de nos visites, c’est ici que nous commençons et nous finissons notre tour.




Il y a de fortes chances pour que certains de ces « équilibristes » ne soient plus là lors de notre prochaine visite.





À l'extrémité sud du site nous découvrons des rochers rouges striés de blanc que nous trouvons très photogéniques.



Il est maintenant temps de partir explorer la zone nord de Blue canyon avant que le soleil ne soit trop haut et fasse fortement chuter la potentialité photographique du canyon. De ce côté les formations rocheuses sont plus petites, plus denses, peut-être plus colorées. On y trouve un peu moins de diversité que du côté sud.




Mais rassurez-vous, il y a quand même des formations aux formes et aux couleurs intéressantes, voire même étonnantes.





Vers 11h le soleil devient trop « violent » pour les photos. Il est temps pour nous de quitter Blue canyon. Nous prenons la direction de Cameron, une toute petite ville à moins de deux heures de route.

Plutôt que de repartir par la piste sud, nous empruntons la piste nord que nous n'avons jamais essayée. Comme la piste sud, elle est correcte même si nous préférons notre accès habituel (plus large, moins sableux et plus rapide). Attention tout de même de ne pas rouler trop vite sur ces pistes, on peut y rencontrer des surprises. Cette marche rocheuse que l'on ne voit qu'au dernier moment a déjà dû en piéger plus d'un (de nombreux morceaux de plastique issus de bas de caisse et de protège-carter sont là pour en témoigner).


Lorsque nous arrivons à Cameron nous nous mettons à la recherche d'un endroit où dormir. Ici c'est très simple, comme tout le reste : un seul hôtel, un seul camping, un seul restaurant, un seul magasin et une seule station-service. Tous appartiennent au même propriétaire et il y a un monde fou. Jackpot !

Maintenant que nous savons où dormir, nous partons pour notre destination de fin d'après-midi : Adeii Eechii cliffs, une zone inconnue de la quasi-totalité des touristes, où l'érosion a donné naissance à de fabuleux paysages avec des rochers rouges aux formes incroyables. La piste qui nous y conduit est longue. Ce n'est d'ailleurs pas vraiment une piste, plutôt une trace créée au fil des passages des quelques véhicules qui sont passés par là.


Et des traces, il n'y en a pas qu'une ou deux, il y en a partout. Pas facile de trouver sa route ici, surtout que nous devons changer de direction à plusieurs reprises. Heureusement avec les photos satellites et les coordonnées GPS des principaux changements de direction on arrive à s'en sortir.

Après une petite demi-heure nous arrivons au pied d'une colline plutôt escarpée. Petit problème : au pied de cette colline il faut franchir un cours d'eau asséché. Le passage n'est pas très long, mais il est composé d'un sable profond et pas du tout compact.


Le risque d'ensablement n'est pas négligeable et nous sommes à une vingtaine de kilomètres de la route, sans une seule maison où trouver un coup de main. Vingt kilomètres à pied dans ce désert pour aller chercher de l'aide, ce n'est pas un programme très réjouissant. Pour la deuxième fois nous battons en retraite devant l'ennemi le plus redouté de notre petit 4x4 : le sable. 

Comme maintenant nous avons un peu de temps devant nous, nous en profitons pour aller faire un tour dans deux petits parcs pas trop éloignés de Cameron : Sunset Carter et Wupatki.

Sunset crater nous permet de nous approcher d'un petit volcan de 300 mètres de hauteur qui connut des éruptions jusque dans les années 1 100.


Tout autour de Sunset crater on trouve des champs d'expansion de lave assez impressionnants.



Le parc de Wupatki protège quelques ruines où vécurent des indiens Sinagua entre 1 100 et 1 200. Les ruines de Wukoki Pueblo sont particulièrement bien mises en valeur dans le soleil de cette fin d'après-midi.


Les murs de la Citadelle, nommée ainsi en raison de sa situation sur un tertre rocheux, sont eux aussi admirablement bien éclairés par le soleil couchant.


distance randonnée(s) de la journée = 6 km   /   distance randonnées cumulée = 280 km