Cambodge - Laos - Vietnam - Ouest Américain

28 août 2014

Mono lake et route vers le lac Tahoe

Mardi 26 août :

Ce matin le soleil est à nouveau au rendez-vous. C'est parfait, nous pouvons faire la visite de Mono lake que nous avions prévue hier et abandonnée faute de soleil.

Le lac Mono, un des plus vieux lacs d'Amérique du Nord, possède une caractéristique très particulière : sur ses rives on trouve de nombreuses tours de tuf calcaire.







Certaines sont totalement émergées …





… d’autres partiellement immergées.









Certains ensembles de tours sont d’une très grande complexité et surtout d’une très grande beauté.





Mais comment se forment ces tours ?

Le lac n'a pas d'exutoire, l'eau ne peut donc quitter le lac que par évaporation. Au fil des millénaires, les sels et les minéraux présents en quantités infimes dans les cours d'eau qui alimentent le lac se sont donc accumulés jusqu'à atteindre des concentrations énormes. Aujourd'hui les eaux du lac Mono sont deux fois et demie plus salées et huit fois plus alcalines que l'eau des océans.

Les tours de tuf se forment autour de sources souterraines débouchant sur le fond du lac. Elles résultent de la combinaison du calcium de l'eau douce et des carbonates de l'eau salée. Lorsque ces éléments se rencontrent, du carbonate de calcium précipite et forme les tours de tuf calcaire que l'on voit sur les rives du lac.

Ces tours se forment sous l'eau. Celles que l'on voit hors d'eau se sont formées à une époque où le niveau du lac était plus élevé.

En effet, en 1941, la ville de Los Angeles a commencé à prélever de l'eau dans les rivières qui alimentent le lac Mono. Le niveau du lac a alors baissé de 14 mètres, sa teneur en sel a doublé et son volume a été réduit de moitié. Un comité de défense a été créé en 1978 pour répondre à la menace d'anéantissement de l'écosystème du lac. En 1994, après 16 années de batailles et de procédures, ce comité a obtenu que les prélèvements en eau soient réduits de plus de 80%, assurant ainsi un niveau minimum sécurisant pour le lac.

Même si aucun poisson ne peut survivre dans les eaux du lac, il regorge tout de même de vie.

Chaque été des nuées de mouches envahissent les rives du lac Mono. Elles se nourrissent d'algues qu'elles trouvent sur le fond du lac. Cette espèce spécifique de mouche, qui s'est adaptée à son environnement, peut « respirer » sous l'eau au moyen de minuscules capsules d'air dont elle fait le plein avant de plonger.

Mono veut d'ailleurs dire « mouches » dans la langue des indiens qui vivent ici. Ces mouches étaient un des aliments de base de leur nourriture.

les « plaques noires » que l’on voit au premier plan
sont des colonies composées de plusieurs milliers de mouches


Dans les eaux du lac Mono on trouve également des milliards de minuscules crevettes d'eau salée (1 à 1,5 centimètres) qui, comme les mouches, se nourrissent d'algues.

Ces deux espèces font le régal de nombreux oiseaux, ravis de trouver une nourriture aussi abondante et aussi facile à attraper. Près de 40 000 goélands migrent chaque printemps de la côte Californienne jusqu'au lac afin d'y pondre et d'y élever leurs petits.



Ces petites bestioles constituent également un formidable réservoir de nourriture pour plus de 80 espèces d'oiseaux migrateurs qui visitent le lac chaque printemps et chaque été. Près de deux millions d'oiseaux migrateurs viennent s'y ravitailler chaque année !

Après la visite du lac Mono, nous partons pour notre prochaine destination : le lac Tahoe, situé un peu plus au nord. Pourquoi le lac Tahoe ? Parce qu'une Californienne, rencontré au Cambodge sur l'île de Koh Dach, chez notre ami Roger, nous avait très vivement conseillé d'y venir.

Après plus de deux mois passés dans les déserts, nous sommes tout surpris de rencontrer un torrent sur la route qui nous mène au lac Tahoe. Il faut dire qu'ici nous sommes à 2 000 mètres d'altitude et très loin de l'image que l'on peut parfois se faire de la Californie.




distance randonnée(s) de la journée = 4,5 km   /   distance randonnées cumulée = 448,5 km