Cambodge - Laos - Vietnam - Ouest Américain

27 août 2014

Bodie

Lundi 25 août :

Aujourd'hui nous débutons la découverte de la partie centrale et de la partie nord de la Californie. Nous connaissons très peu cette région et nous n'avons ni guide, ni préparation. Il faudra donc que nous nous organisions au jour le jour et que nous comptions sur notre sens de l'improvisation.

Direction Bodie, 240 kilomètres plus au nord. Nous allons y voir une ghost town, une ville fantôme. La météo nous avait annoncé une superbe journée ensoleillée, mais assez vite sur la route, les nuages nous rejoignent. Ils ne nous quitteront quasiment plus de la journée.

Nous arrivons à Bodie en fin de matinée.

En 1859 deux chercheurs d’or tombent sur un des plus importants gisements d’or de Californie dans une région perdue où naitra bientôt la ville de Bodie. Durant les années 1860 et 1870 les mines de Bodie ne connaissent pas une grande activité du fait de la présence d’importants gisements déjà en exploitation dans la région. Seulement quelques prospecteurs y travaillent. Ce n’est qu’en 1877 que la ville connut un développement important. A son apogée, en 1879, Bodie comptait 8 500 habitants et 2 000 bâtiments dont plus de 60 saloons. C’est à cette époque que Bodie gagna sa réputation sans égal de ville dangereuse et dépravée. Des meurtres y étaient commis avec une régularité monotone, parfois quotidiennement. Une jeune fille qui emménageait dans cette ville écrivit dans son journal « Je te quitte mon Dieu, je vais à Bodie ». Cette phrase devint célèbre à travers tout l’ouest des Etats-Unis.

Mais l’époque glorieuse de Bodie fut de très courte durée. Dès 1881 le déclin commença avec l’épuisement des principaux filons. En 1886 la ville ne comptait plus que 1 500 habitants. Six ans plus tard un incendie désastreux détruisit de nombreux bâtiments. A la fin du 19ème siècle, l’apparition du processus de traitement du minerai au cyanure et l’utilisation de l’électricité, une énergie peu couteuse, permit à la ville de connaitre un nouvel essor. Malheureusement, en 1932 un nouvel incendie détruisit 90 pourcents de la ville. Dans les années 1940 Bodie devint une ville fantôme.

Au total près de 10 000 tonnes d’or seront extraites des mines de Bodie.

En 1962 un parc d’état est créé pour protéger les bâtiments qui avaient échappé à l’incendie de 1932. Depuis, il n’est pas entrepris de restaurations lourdes, mais on tente de conserver les bâtiments dans l’état où ils étaient à la création du parc. C’est la politique du maintien dans un état de « délabrement figé ». Mais 95 pourcents des bâtiments d’origine ont succombé aux ravages du temps, du feu et des intempéries.

Aujourd’hui lorsqu’on visite Bodie, on se retrouve plongé dans une autre époque. On s’attend à rencontrer à un coin de rue les hommes et les femmes qui vivaient ici il y a un siècle.






Les habitations ont encore une âme et certaines, particulièrement bien conservées, semblent encore vivantes.








L’intérieur des bâtiments, malheureusement inaccessible, contient toujours ce qu’il y avait dedans lorsque leurs occupants les ont abandonnés.



Quelques bâtiments publics sont encore debout :

* l’église méthodiste construite en 1882 (la seule restant aujourd’hui à Bodie) :


* l’école, construite en 1879, qui était une pension à l’origine :


* la caserne de pompiers :


* la prison :


On trouve aussi quelques commerces qui ont survécu aux incendies et aux outrages du temps …




… dont la banque (seul le coffre-fort subsiste), une scierie et l’atelier du forgeron.




Comme les nuages continuent à dominer le ciel sans partage, nous reportons à demain, en espérant que le soleil sera de la partie, la visite que nous avions prévue au lac Mono.

Nous avons donc du temps de disponible pour faire la visite guidée de l'usine de traitement du minerai d'or. En raison des risques que présente cette zone, il est impossible d'y accéder en dehors des tours guidés. La visite est sans doute intéressante, mais notre guide parle très vite et avec un accent très prononcé. Résultat, nous n'avons pas compris grand-chose à toutes ses explications.






Cette usine a fait preuve d’innovation. On peut même dire qu’elle était en avance sur son temps, car c’est ici que pour la première fois, en 1892, un bâtiment fut alimenté en électricité par une ligne électrique longue distance (21 kilomètres). Une percée technologique qui se propagea rapidement dans le monde entier.

distance randonnée(s) de la journée = 4,5 km   /   distance randonnées cumulée = 444 km